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Le Divin parfum des Mages 13 – La divine Oupis - L'odorat

28 Août 2024, 10:43am

Publié par Jean-Pierre FORESTIER

          Très satisfaite de cet enchaînement de raisonnements,

c’est vers les baklavas que l’entu dodue tourna son regard, puis avança doucement la main. Ces friandises auraient-elles le pouvoir de faire céder à la tentation de la gourmandise une aussi haute prêtresse ? Non ! Elle laissa la main en suspens et ajouta :

« Pour nous, ma belle, la vue est non seulement une zone nullement érogène mais … pour la plupart d’entre nous … elle parasite notre plaisir. Beaucoup d’entre nous ferment les yeux… certaines vont même jusqu’à les masquer complétement.
- Il y avait de ces fausses aveugles dans la cour du Voluptariaseîon, et aussi une vraie.
          Concluant mes paroles par un geste doublé par un soupir d’acquiescement, elle ajouta :

 

- Et même de nous voir masquées émoustille la libido de certains hommes ! …. Promesse de plaisir, encore et toujours ! »
          Puis, plus sérieuse, elle continua :
« Paradoxe ! Ils veulent voir et … ce sont nos pupilles, nos pupilles à nous, qui se dilatent !... Paradoxe ! Notre voluptueux plaisir élargit nos pupilles ! Paradoxe !

Mystères divins ?
L
es lumières tamisées, la pénombre des sous-bois ou d’un grenier, instiller quelques gouttes d’extrait de belladone, provoquent la même disparition de notre iris…

Ω Cet artifice aurait été utilisé par les Belles Dames italiennes, d’où le nom donné à Atropa belladonna L.

Pour des compléments sur la belladone voir Le Divin parfum des Mages - 52 - Entre-acte

Les belles dames y voient beauté par leurs yeux, les hommes, eux … y voient la promesse de notre plaisir, et par conséquence, du leur, de plaisir. De leur plaisir et de leurorgueil, encore et toujours !
Nos yeux se révulsent …
Nous chavirons…

Nos yeux chavirent … nous n’offrons plus à la vue que le blanc de nos yeux. Nous devenons aveugles !
S’il en est ainsi, ma belle… c’est qu’au moment de l’extase… une grande lumière ferait souffrir… nos yeux aux pupilles dilatées par le plaisir
En les révulsant, nous les protégeons.
- Une faible lumière, comme celle d’un lumignon apporte agrément et confort. 
 Ajoutais-je en pensant à la remarque de Monsieur Lanfus.

- C’est vrai, ma belle, pour l’agrément des femmes, mais… un trop faible lumignon prive les hommes de la vue de notre plaisir… il leur faut une lampe…. Alors, lumignon ou lampe ? Le choix n’est pas toujours facile. 
          Cette difficulté, nous l’avions justement vécue, avec Cléobuline, chez le parfumeur. Finalement, c’est celui-ci qui avait tranché, en faveur de Tlos, de la vue de Tlos !
Mais il m’avait suffi, pour me protéger de cette lumière agressive, de garder les paupières mi-closes ; suffisamment mi-ouvertes pour voir, avant que je ne chavire, que Tlos me regardait, et voir les grands pieds de Cléobuline !

        « Il y a une zone de plaisir… qui est commune aux hommes et aux femmes… Sans l’ignorer vraiment, tous les deux la négligent le plus souvent … mais cette zone est rattrapée par l’inconscient… Cette zone est le nez… l’odorat, ma belle ! Le sens le plus important !
          Comme à chaque fois que j’entendais le mot « nez », je passais ma main devant le mien pour en masquer, illusoirement, ce que je qualifiais d’énormité. Geste évidemment repéré par Oupis.

...  Je ne parle pas de la protubérance nasale, ma belle… Le nez légèrement retroussé et presque effacé des Crétoises … leur donne cet air faussement enfantin qui attire, un court instant, … les hommes, certains hommes … et rend les femmes jalouses …certaines femmes.
Tous ont tort, les nez à personnalité comme le tien, ma belle, … séduisent parfaitement la gent masculine, … Peut-être parce que, justement… les hommes y voient de la personnalité, … Ils y voient un pic, un cap, une péninsule à conquérir… La perspective d’une conquête n’est-elle pas plus motivante, que la protection d’une femme enfant ? »
          Ne voulant pas entrer dans un débat aussi délicat, je me contentais d’ouvrir un peu plus grands mes yeux, tout en éloignant ma main de mon nez, comme si elle ne s’en était rapprochée que pour éloigner quelque invisible insecte.

          Naturellement, à titre de comparaison, mon regard avait été attiré par le divin nez de l’entu. Il me sembla même qu’elle tourna et releva légèrement la tête pour que se présentant de profil, j’en apprécie plus facilement le modelé, moyen, ni péninsule, ni cap, ni retroussé, seulement moyen, un nez moyen entre deux joues bien rebondies.
Ce n’était pas pour vanter son nez que la divine entu s’était fait le chantre des nez à personnalité ; ni pour faire remarquer ses joues qui, visiblement, commençaient à subir l’affaissement de la charge des ans.
Était-ce par charité envers moi ? Je n’eus pas le loisir de m’interroger.
« Non, ma belle… je ne veux pas parler de la forme du nez… mais de l’odorat. »

          La main suspendue au-dessus d’un petit gâteau, Oupis semblait vouloir m’interroger.
- Le partenaire que je viens de quitter, un négociant de Rothamagus a particulièrement apprécié mes odeurs.
- Un négociant de Rothamagus ?
- Il m’a juste dit qu’il faisait son Grand Tour de la Mer intérieure, qu’il venait de Corinthe et allait à Patara !

          Oupis espérait-elle de plus longues et utiles confidences ? Déçue, elle fit descendre sa main vers la gourmandise, mais doucement, comme si elle voulait me laisser le temps de me rattraper.
    J’avais déjà avoué que mon partenaire de fruition avait apprécié ma vue. Je venais d’y ajouter celle de mes saveurs. Je ne voyais pas quelle information commerciale il pouvait y avoir sur le fruité acidulé commun entre ma porte de Nature et les pommes très mûres de son cher pays !
-  Il regrettait le cidre à fin accord de pralin donné par certaines pommes de son pays. " Précisais-je

- Même si elles restent subliminales, nos odeurs sont appréciées par les hommes. Elles représentent notre glorieuse fécondité, incarnée par la Porte qui en est l’accès …. Pour les femmes, c’est naturellement plus délicat…. Il y a bien l’huile…

- L’huile de strigile ?
- … !?
- Aux Thermes, une digne qadishtu a récupéré l’huile qu’elle avait grattée sur mon corps. J’ai compris que cette huile serait utilisée dans des lampes. Cette huile est-elle destinée aux Thermes des hommes ?

- Là, ma belle, tu veux parler de l’huile raclée sur les femmes….

Elle n’est pas destinée comme tu l’as supposé… à parfumer l’atmosphère des Thermes des hommes… et accroître leur désir ! Ce serait du gaspillage !
Les hommes sont bien trop primitifs ! Chez l’homme la vue prime sur l’odorat ! … Á moins que ce qu’il ait à sentir … soit justement sous son nez !
Ce qu’a apprécié … si je me souviens bien, le partenaire que tu viens de quitter, celui qui aime le cidre praliné …
        L’information sur le dévot de Rothamagus avait bien été enregistrée !
      " L’huile des jeunes femmes comme toi, ma belle… est bien utilisée dans des lampes… mais uniquement dans la partie de l’Artémiseîon … où la grande Cybèle sait
réveiller la fécondité des pèlerines.
Bien entendu… seule l’huile des femmes en période de fécondité est utilisée.

          Je compris pourquoi la femme d’âge mûr avait été dirigée vers une autre salle, et j’en déduis que la jeune femme qui me suivait ne devait pas être dans sa bonne période lunaire. 
« Non, l’huile dont je veux te parler… n’est pas celle récupérée sur le corps des femmes… je veux te parler de l’huile d’Andro.
- … ?

- L’odeur musquée des hommes accroît notre désir… ou agit comme un repoussoir… Tout dépend de la dose… et de notre humeur…. Certains disent : de notre période lunaire…
- … ?

 

- L’huile d’Andro est « l’huile d’homme ». Ne la connais-tu pas ?
- … ?

- L’huile d’Andro est également récupérée par grattage de la peau au strigile… mais par grattage de la peau d’hommes… les plus beaux, naturellement… et surtout les plus symétriques …
Tu trouveras d’excellentes qualités de ces huiles chez l’apothicaire de l’Artémiseîon… pour un prix tout à fait raisonnable. »

 

Ω Le récipient accompagnant ce jeu de strigiles était-il destiné à recevoir l’huile de grattage ?

          L’odeur de la symétrie ! Je n’imaginais pas que la symétrie pouvait avoir une odeur ! Et s’il existait un parfum de la symétrie, existait-il aussi un parfum de l’asymétrie ? La suite des propositions commerciales de l’entu dodue répondit à ma muette interrogation.

 

Ω Sur l’odeur des hommes symétriques, voir : 

 Régnantes, Rebelles, Conquérantes, Régnantes  

 

« Si, tu faisais partie, comme les Amazones, des quelques femmes qui penchent pour les hommes asymétriques… nous pouvons, ma belle, également t’en fournir !
- ?

- Mais à quel moment respirons-nous le plus d’émanations masculines ? Elles sont … comment dirais-je … un plaisir collatéral, mais aussi puissant que subliminal !
- ?
- Quand nous utilisons la voie d’Orphée, ma belle !
N’as-tu pas remarqué que notre nez se trouvait au plus près et même, selon notre virtuosité, en plein milieu de la toison odorante de notre partenaire. 
     La divine savante venait de répondre à une des questions que je m’étais posées. Les savants mouvements de langue et les succions n’étaient que jeux, mon plaisir était dans la capture des odeurs animales de Tlos !

- Quelques officines proposent aussi de l’Huile de cuir. Continua la divine commerçante.

- … ?
- Les porte-faix du port confient à des soi-disant parfumeurs leur gilet de cuir ; après qu’il l’eut porté plusieurs jours … »
          J’opinais pour montrer que je savais de quels porte-faix il s’agissait, ceux que j’avais vus à mon arrivée rouler leurs muscles sous les regards intéressés de quelques Éphésiennes.
    « Ces commerçants en extraient une « huile » … La symétrie de celui qui a porté le gilet n’est pas garantie… mais cette huile est, c’est vrai, meilleur marché que la vraie huile d’Andro.

          « Bien entendu », pensais-je avec un petit rictus d’agacement devant ce mercantilisme récurrent.
Sans y ajouter d’importance, la Femme Sacrée élargissait ses explications : « Á Rome… c’est l’huile de gladiateur qui est la plus prisée…

Les riches Romaines s’offrent des gladiateurs en chair et en volupté … les moins fortunées se contentent de fantasmer avec leurs huiles !
- !

Ω Après leur entraînement, les gladiateurs, étaient enduits d’huile d’olive, puis grattés au strigile. L’huile récupérée était vendue à Rome. Les femmes s’en enduisaient la poitrine pour augmenter leur libido.

- Certaines de ces riches Romaines, ma belle, sont tellement friandes de la virilité des gladiateurs qu’un poète les a surnommées les « gladiatrices » Peut-être savent-elles… dans une double volupté… s’interposer entre le mirmillon et le rétiaire… »

Ω Il s’agit de Juvénal, poète satyrique latin du 1er siècle de notre ère.
Pour attester ces mœurs, il faut ajouter la présence incongrue d’une riche Romaine dans le vestiaire des gladiateurs de Pompéi. Ses désirs charnels furent figés pour l’éternité sous les cendres du Vésuve.

Rome est Rome … Éphèse reste Éphèse … Quand nous allons au Voluptariaseîon… c’est d’abord pour honorer les dieux
Nos grandes dévotions à Cybèle sont la façon la plus sublime de vivre notre religion.

Mais rendons grâce aux Romaines puisqu’elles reconnaissent que nous sommes bien plus religieuses qu’elles.

Rendons grâce, ma belle, également à Pétrone, … qui a fait connaître, bien au-delà de sa bonne ville de Massalia… qu’à Éphèse, la chasteté est d’une telle rareté que celle qui la pratique… telle la matrone de son conte … on venait la visiter par curiosité !
Note bien que les lamentations de la veuve éplorée furent abrégées par un séduisant légionnaire de garde au cimetière. La réputation de piété d’Éphèse était sauvée !

Ω. La matrone d’Éphèse de Pétrone a été repris par La Fontaine dans ses Contes et nouvelles.

          Après de telles tirades sur la louable piété des Éphésiennes, à laquelle même cette chaste matrone s’était convertie, la Femme Sacrée devait reprendre sa respiration.

Elle le fit tout en récupérant, d’un furtif et sensuel coup de langue, un peu de miel échoué sur le côté supérieur gauche d’une lèvre.
La symétrie lippue rétablie et le miellé apprécié, prenant conscience qu’elle s’était égarée dans les méandres du plaisir tant féminin que masculin, sans transition, ni pâtisserie, la divine gourmande revint à ce qu’elle voulait m’expliquer depuis qu’elle avait posé sa coiffe, c’est-à-dire le protocole régissant les fruitions lucratives des plus grandes prêtresses.

« En réalité… cela va peut-être te surprendre, ma belle… mais plus la Femme sacrée est d’un rang élevé … moins elle peut choisir son partenaire. Le choix complet est un privilège réservé aux estimables leshtitaritu.
     Je compris enfin pourquoi le pèlerin de ma première fruition était seul ! C’était, comme me l’avait annoncé la vaporeuse naditu, pour m’honorer à l’égal des plus hautes Femmes Sacrées ! Honneur surprenant !
          L’entu dodue ajouta avec un brin de coquetterie :
« De plus, même à mon âge, … »
          Elle vérifia dans mon regard si j’étais suffisamment surprise de cette insinuation sur sa maturité avancée. Mon étonnement sembla la satisfaire. Il est vrai qu’il m’était difficile de pronostiquer un âge, son épanouissement corporel lui donnait un visage poupin et rajeunissant.  
« … à la fois pour honorer Cybèle … Si nous devons venir au Voluptariaseîon c’est aussi pour nous maintenir en bonne santé ! »

          Une grande respiration lui fit gonfler un peu plus la poitrine. Son strophium la gênait.   
Elle avait déjà posé sa coiffe, avec un petit sourire qui pouvait vouloir dire « Je vais continuer de me mettre à l’aise ? ». Elle dénoua son strophium.

   

Libérés, sans soutien, les deux seins s’épanouirent par-dessus le haut de sa robe.
À eux seuls, ses deux seins étaient devenus la Femme sacrée vouée à l’adoration de Cybèle. Ces deux seins, deux coussins roses aréolés de brun, se mêlaient à la multitude des coussins ronds qui couvraient la banquette.

         Curieusement, ces coussins me rappelaient les figures rondes dessinées au-dessus de la banquette du logis de ma grand-mère à Patara. Un jour que j’exprimais ma curiosité, elle me répondit que, selon la tradition, ces doubles ronds devaient apporter la fécondité et le bonheur aux occupants de ce logis. Elle n’en savait pas plus.

« Je l’avoue, ma belle, les fruitions sont le seul exercice que je pratique, … mais je le fais avec beaucoup d’application… et pas seulement pour honorer Cybèle. L’entu médecin cheffe voudrait que j’aille au gymnase … que je monte à la corde … que je coure autour de la piste !
       Rien qu’à cette évocation, la divine dodue était déjà essoufflée !

« Tu imagines, si je devais faire courir tout cela ! … »
      « Tout cela » était ses deux seins, des deux mains. Elle les souleva et les fit remuer, dans le mouvement, et sans doute par solidarité, les coussins de la banquette s’agitèrent aussi un peu, suivis par les hanches et finalement le ventre. Les seins n’étaient donc qu’une partie du « tout cela » !

« Bouger régulièrement compense, un peu … ma propension à la gourmandise. Ce n’est pas à toi, ma belle, une future médecin… que je vais apprendre tous les bienfaits qu’apportent les voluptueux exercices.
- Je ne suis encore qu’étudiante, divine entu ! 
          Prenant acte, Oupis continua :

- Nous avons déjà parlé de l’harmonie du plaisir féminin,

Cette harmonie aide le couple à accompagner leurs enfants dans leurs vies futures, et ainsi à faire perdurer notre civilisation, et au-delà le bon équilibre de tout l’univers…
L’harmonie et, ô combien elle est importante à Éphèse … est le premier portail vers le Beau et la Femme…
Cybèle sait que l’harmonie entre les amants réguliers, est la plus sublime façon d’honorer les dieux. »

        Ce rappel sur l’harmonie entre les amants réguliers m’était évidemment destiné. Après quelques louanges, la divine entu revint aux salutaires exercices physiques :

"Devant ma mauvaise volonté à pratiquer le gymnase, l’entu médecin-cheffe m’encouragea à multiplier les fruitions !
Elle me dressa alors une liste des bienfaits dont bénéficie, outre l’apaisement et le bien-être, la femme qui se laisse régulièrement submerger par un torrent de plaisir voluptueux :

- Dans ton cerveau explose un feu de plaisir.
Le sang te bat les tempes. Tu t’empourpres.
C’est bon pour ta mémoire.
C’est bon aussi pour ton mental. 

La stimulation de l’activité du cerveau ne s’arrête pas là !  Elle permet une meilleure aptitude à l’attention… à l’organisation, à la planification, qualités indispensables à une bonne comptable comme moi ! 
Ajoute la prévention de multiples maladies, y compris les plus graves.

Ω Notamment par réduction du stress et un renforcement du système immunitaire.
Une diminution de la dépression, une meilleure santé cardiaque et une augmentation de l’espérance de vie ont également été observées

Voir aussi § Neurophysiologie

Avant la longue période de puritanisme, au XIème siècle, il était reconnu, par Trotula, une femme médecin de Salerne, que l’abstinence occasionnait chez la femme des troubles profonds.

Tu te sens plus détendue, plus heureuse… plus câline… plus aimante aussi.
Les exercices au Voluptariaseîon… s’ils sont pratiqués avec application … comme j’ai la prétention de savoir le faire, ma belle,  apportent tous ces bienfaits et d’autres encore, dont je ne parle pas comme l’altruisme et la générosité ! 
  Était-ce parce que l’altruisme et la générosité n’étaient pas des « qualités » essentielles pour une cheffe comptable qu’Oupis ne m’en parlait pas ? Toute à sa conception particulière de la gymnastique, la persévérante dévote de Cybèle précisa :

 « Le rythme est important… » continua-t-elle, « il s’accélère naturellement… bientôt … il s’exprime par des gémissements, des ahanements … parfois de véritables chants… Dans ma longue expérience, il m’a été donné d’en entendre de magnifiques.
- Ceux que je viens d’entendre dans la cour du Voluptariaseîon se sont harmonisés entre eux parfois fort agréablement.

- Alors, ma belle, tu sais de quoi je parle ...

Certains disent que les premiers chants humains reproduisaient le chant des oiseaux… Charmant ! Champêtre ! Buccolique ! Mais quel est le rythme des chants auquel notre âme est le plus sensible ? Ce n’est pas celui du merle… ou même du rossignol …

Ω Le Kâmasûtra indique que la femme a le choix entre de nombreux gémissements, ceux de la colombe, le coucou, le pigeon, le perroquet, l’abeille, le rossignol, le cygne, le canard sauvage, la perdrix !

          Parmi le chant de tous ces animaux, je laissais bien entendu de côté ceux de la souris, pourtant entendus toutes les nuits ! La divine poétesse continuait :
- Le rythme des chants auquel notre âme est le plus sensible est bien celui des gémissements de plaisir des femmes ! 

Ce sont bien nos chants qui ont inspiré la muse Érato quand, couronnée de roses et de myrte, accompagnée de sa lyre … elle composa les chants nuptiaux …
Quand j’ai parlé tout à l’heure de la beauté de notre visage en extase, j‘aurais dû ajouter celui de nos gémissements. Les hommes y sont très sensibles. Ces chants mesurent leur orgueil, leur fatuité ! 
Mais n’accablons pas trop vite les hommes !
- ?

- Si Cybèle est la déesse de la volupté, n'est-elle pas d’abord la déesse de la fécondité ?
- … ?
- Plus tard, les mêmes cris rythmés tu les retrouveras… petits d’abord, puis rauques et amplifiés… quand tu seras dans les douleurs de la parturition ! Comme la dilatation de notre vulve, nos ahanements de plaisir préparent notre accouchement.
- Que Cybèle en soit louée !

Vers

Le Divin parfum des Mages 14 –Oupis – Les Enchères

« À ton âge, compte au moins trois fois par semaine … plus, ma belle, c’est mieux … Ce n’est qu’une moyenne… Laisses-toi simplement guidée par les phases de ton mois lunaire. Si tu veux « pratiquer » ton amoureux avec le maximum de plaisir, pour toi… donc aussi pour lui, entraînes-toi. Entraîne-toi d’abord…. Tu me remercieras de ce conseil….

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